Nous vous disons ce qu'il y a dans nos lames
La plupart des boutiques de couteaux damassés écrivent « acier premium » et s'arrêtent là. C'est commode : personne ne peut le vérifier, donc personne ne peut le contredire.
Nous avons choisi l'inverse. Voici la composition exacte de nos lames, leur dureté, leur mode de construction et le lieu où elles sont forgées. Vous pourrez comparer avec n'importe quel couteau du marché.
Le cœur : 10Cr15CoMoV
Tout couteau damassé possède un cœur, la seule partie qui coupe réellement. Les couches extérieures le protègent et lui donnent son motif, mais c'est ce cœur qui décide du tranchant et de sa tenue dans le temps.
Le nôtre est un acier 10Cr15CoMoV. Son nom décrit sa composition :
- 10 : 1 % de carbone, qui donne la dureté
- Cr15 : 15 % de chrome, qui donne la résistance à la corrosion
- Co : cobalt, qui affine le grain de l'acier
- Mo : molybdène, qui améliore la tenue du fil
- V : vanadium, qui augmente la résistance à l'usure
Cette formule est celle du VG10 japonais, à composition équivalente et même plage de dureté.
Alors pourquoi ne pas écrire « VG10 » ?
Parce que ce serait inexact, et nous ne voulons pas de cette inexactitude sur nos fiches.
Le VG10 est une marque déposée de l'aciériste japonais Takefu Special Steel. Seul l'acier qui sort de ses fours peut porter ce nom. Le 10Cr15CoMoV est la désignation industrielle du même alliage, à formule équivalente.
Beaucoup de boutiques écrivent « VG10 » alors qu'elles vendent du 10Cr15CoMoV. Ce n'est pas toujours de la mauvaise foi : elles reprennent souvent l'appellation transmise par leur fournisseur, sans vérifier.
Nous préférons nommer l'acier tel qu'il est et vous laisser juger.
L'écart de prix entre les deux tient à la marque, pas au métal. C'est ce qui nous permet de vous proposer une lame de ce niveau à 129 € plutôt qu'à 300 €.
La dureté : 60 ±2 HRC
Le HRC, ou dureté Rockwell, est le chiffre qui compte vraiment. C'est lui qui détermine combien de temps votre couteau reste tranchant.
| Dureté | Ce que ça donne |
|---|---|
| 52 à 55 HRC | Couteaux de supermarché. À réaffûter chaque semaine |
| 55 à 58 HRC | Bon couteau européen. Solide, mais s'émousse assez vite |
| 58 à 62 HRC | Nos lames (60 ±2). Tranchant durable, affûtage 3 à 4 fois par an |
| 63 à 65 HRC | Aciers japonais haut de gamme. Plus tranchants, mais fragiles et sensibles à la rouille |
Nous nous situons volontairement à 60 HRC, avec une tolérance de fabrication de ±2. Au-delà, la lame devient cassante : un choc contre un os ou une chute sur un carrelage suffit à l'ébrécher. À 60, vous avez un tranchant qui dure sans avoir à manipuler votre couteau comme un objet de collection.
Et soyons clairs : il existe des aciers supérieurs au nôtre. Le SG2, le ZDP-189 ou l'Aogami Super sont plus performants. Ils équipent des couteaux à 400 € et plus, et demandent un entretien autrement plus exigeant.
Les 67 couches damassées
Autour du cœur, nos lames comptent 67 couches d'acier, 33 de chaque côté.
Ce n'est pas seulement décoratif. Cet empilage de couches aux propriétés légèrement différentes absorbe les contraintes et limite la propagation d'une fissure. Une lame monobloc de même dureté serait plus fragile.
Le motif ondulé visible sur chaque couteau est la trace de ce feuilletage, révélée par un bain d'acide qui attaque différemment les couches. Aucune lame n'a exactement le même dessin.
La construction : pleine soie
La soie est la partie de l'acier qui s'enfonce dans le manche.
Sur nos collections Sumi et Kaminari, la lame traverse le manche sur toute sa longueur : c'est la pleine soie. Le couteau forme une seule pièce d'acier de la pointe au talon, ce qui lui donne son équilibre et supprime tout risque de jeu à la jonction.
Sur la collection Kinari, la construction est en demi-soie. L'acier s'arrête à mi-manche, ce qui allège le couteau. C'est un choix de construction courant sur les manches à finition décorative, pas un défaut.
Où nos couteaux sont forgés
Nos couteaux sont forgés à Yangjiang.
La ville forge des lames depuis plus de 1 400 ans et porte depuis 2001 le titre officiel de capitale du couteau et des ciseaux. Huit couteaux exportés sur dix en sortent, et plusieurs marques européennes réputées y font fabriquer sans jamais le mentionner.
Nos couteaux sont de style japonais : le santoku, le nakiri et la géométrie d'affûtage à 15° viennent de cette tradition.